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Le 21.03.2012
Le 21.03.2012
Un film d’espionnage n’est jamais facile. Jamais facile à regarder, à faire et à interpréter.
Quand on décide d’aller voir un film d’espionnage on sait que cela va nous demander un effort un peu plus intense qu’en allant regarder un énième blockbuster accessible à moindre QI.
La Taupe est un film qui se déroule dans une Angleterre en pleine transition dans une période de guerre froide qui se veut décisive pour sceller un avenir encore incertain et surtout rempli de peur et paranoïa. Comme son nom l’indique, le film tourne autour d’une taupe infiltrée au sein même de la direction des services secrets britanniques (surnommé The Circus). Et c’est Gary Oldman, lui-même suspect, qui va se charger de cette enquête si prenante et intense que chaque parole, dialogue, message peut devenir un élément clé pour la suite du film.
C’est dans cette ambiance de peur intellectuelle que nous, spectateurs, sommes entrainés dans une cheminement psycho-tendu qui ne laissera aucun répit à notre attention qui demande à tous nos sens d’être au plus haut de leur forme. On a vite l’impression que, si on loupe ne serait ce qu’une minute de pellicule, on sera largués jusqu’au dénouement. Si réel dénouement il y a d’ailleurs.
Car ce qui fait qu’on est scotché c’est aussi de savoir que le fil de l’histoire peut se couper à tout moment. On est alors, sans le vouloir, en alerte permanente en tentant de se préparer au moindre rebondissement.
La taupe est un film qui ne déroge pas à la règle mais avec un rythme très lent basé sur le flegme et le calme des différents excellents acteurs britanniques réunis sur ce même projet.
Je ne peux m’empêcher de faire un clin d’œil à Tom Hardy qui est, pour moi, définitivement une des plus importantes gueules de sa génération. De plus, il faut noter la performance de Marc Strong qui, depuis plusieurs années, était, à mes yeux, un acteur très mauvais. Je ne demandais qu’à me tromper et c’est chose faite.
Un film d’espionnage est un projet éprouvant qui demande une maitrise totale.
Le réalisateur Tomas Alfredson a, ici, réalisé un travail minutieux de cadrage et de mise en scène qui permet, à nous, avis extérieurs, de contempler cette histoire avec un regard précis mais à la fois très lointain. On a cette impression de tout voir sans pourtant tout savoir.
La caméra est toujours distancé. Quelque fois le réalisateur se rapproche mais très vite la caméra s’efface pour laisser la place à ce cadre qui nous laisse témoins sans interagir avec le cours de l’histoire.
C’est d’ailleurs dans le rythme que la mise en scène prend tout son sens. On sent une histoire complexe et c’est pour cela que Alfredson a choisi de s’effacer. Non pas sans maitriser le déroulé mais en laissant cette fiction se mettre en place. Et, à part quelques plans répétitifs et convenus, on peut dire que le travail de mise en scène est très réussi.
Le scénario est, sans surprises, très fourni et accordé comme un violon de maitre.
Une histoire qui retient notre attention avec une envie de savoir comme tous nos voisins de séance: qui est cette taupe ?
Un scénario complexe demande un cinéaste pointilleux et réfléchi. Mais le succès ne serait pas sans de bons interprétes. Et la multitude de personnages demande un casting cinq étoiles. Et c’est le cas.
L’accent « British » résonne avec brio dans nos oreilles et cette bande de joyeux rosbifs fonctionne très bien. Aucune fausse note.
Le plus difficile était de jouer avec réserve et un brin de solitude dans un univers où chacun doit se faire une place. Une place difficile dans un monde où la parole par derrière prédomine sur la parole franche.
Un casting 3 étoiles emmené par un Gary Oldman de grande classe.
Pour être franc, c’est en premier lieu pour lui que je me suis précipité en salle. Encore un exemple d’acteur époustouflant qui a passé une grande partie de sa vie à travailler dans l’ombre sans n’avoir eu, à mon sens, le moindre laurier mérité (mon grand favori pour les oscars d’ailleurs). Mais c’est un tout autre sujet. Prenons ces deux heures de qualité sans le moindre ennui et admirons ce grand talent d’interprète qu’on applaudit grandement.
A conseiller à tous les fans de grands films d’espionnage et de grands rôles.
Pour les autres, il serait tant de s’y mettre.
C’est dans la continuité de mon précédent post que cette article démontre que le cinéma, ou plutôt son industrie, perd de son aura et de son originalité pour servir en grandes quantités des gamelles de soupe. Dans mon dernier post, je revenais sur, selon moi, la maladie dont est touché aujourd’hui Hollywood, le royaume de tous les blockbusters: le recyclage d’idées et le déclin d’originalité.
C’est en flânant sur la toile que j’ai découvert Christophe Courtois, un blogueur très intéressant qui a réalisé un travail autour des affiches de cinéma. Une réflexion que j’ai toujours partagée mais lui a eu le mérite d’aller plus loin dans la démarche. En effet, il fait ressortir les nombreuses ressemblances voire similarités que l’on peut trouver entre des affiches de cinéma et a regroupé tous ces visuels publicitaires par thèmes. Délirant mais pas surprenant. Encore une fois, on voit que, tant que ça fonctionne, la soupe remplira toujours la pensée des spectateurs.
Voici quelques uns de ces thèmes.
Pour en voir plus, je vous invite à faire un tour sur son blog qui, pour le coup, vaut bien un petit détour.
Les affiches de film…de dos.
Les yeux.
Reflets dans lunettes.
Le bleu, couleur des animaux ?!


Et si l’on courait dans une rue bleutée et penchée ?
Source: ufunk.net
Le 30.11.2011Hollywood est devenu, depuis quelques années, un exemple pour tous en terme de développement durable. Un exemple à suivre. C’est devenu un des « recycleurs » les plus importants au monde. Parce que Hollywood recycle une substance qui, pourtant intarissable, est devenue, indéniablement, de plus en plus rare sur le rocher américain. Cette substance on l’appelle communément « idée ».
Le dernier exemple flagrant de cette reprise de bons procédés intellectuels est tout récent avec la dernière bande annonce du prochain blockbuster The Amazing Spiderman (BA ci dessous). Dans cette vidéo, présentée lors du Comic Con de San Diego (Rendez vous de geeks assoiffés de nouveautés et de Nerd-ises en tout genre) on se dit qu’aujourd’hui le recyclage peut être très rapide. Pas le temps digérer qu’on rebouffe déjà la même chose.
En effet, The Amazing Spiderman est un Reboot, un film qui reprend l’histoire d’une saga depuis son début. Alors que la trilogie de Sam Raimi reste encore dans nos esprits, on revoit apparaitre un nouveau Peter qui va se faire piquer par une nouvelle araignée survitaminée, qui va coudre lui même son nouveau costume bleu et rouge avec ses petites aiguilles et ses petits doigts tout collants et qui va encore une nouvelle fois tomber amoureux sous les yeux d’un nouvel oncle Ben.
Certains diront que d’autres reboots furent des réussites comme par exemple la saga Batman revue par Christopher Nolan, Star trek de J.J Abrams ou encore le Casino Royale de Martin Campbell. Le reboot ou le Remake sont des procédés qui sont utilisés depuis bien longtemps. Je ne remets pas le principe en cause. Ce qui me gène c’est l’abondance de films qui reprennent des idées ou des concepts vus et revus, pour ne pas dire vomis et revomis, sans apporter de nouvelles idées.
Depuis quelques années, la plupart des films hollywoodiens qui bénéficient d’un vrai plan de communication sont essentiellement des licences, des remakes ou des énièmes parties de sagas qu’on a condamné. Il serait pertinent et juste de se demander et d’alerter sur la créativité Hollywoodienne.
Le recyclage, par définition, est un procédé de traitement des déchets. Je n’ai encore jamais vu de décharges d’idées ou encore des camions poubelles qui viennent aspirer le cerveau d’artistes. Hormis le fait que ce constat ferait un bon début de scénario de science fiction, il est surtout désolant de voir une industrie qui n’a toujours pas changé. Une industrie qui ne fait confiance qu’à des anticipations de millions à encaisser en délaissant le propre de toute oeuvre créative, les idées et indubitablement la qualité.
Mais à qui doit on cette pauvresse d’originalité ? Si on se hâtait, on répondrait les méchants loups des grands studios qui ne pensent qu’à voir des billets verts défilés devant leurs yeux. Et si on pousse la réflexion, on se dit que ces gens là ne font que récolter les fruits de leurs investissements. C’est honnête puisque c’est ce qui fonctionne. De nombreux spectateurs sont encore prêts à payer leur place pour revoir les mêmes histoires. Mais cela serait trop facile de s’arrêter là.
C’est simple de dire que les gens aiment toujours manger la même chose. Mais si on leur propose en continu le même plat, le choix se réduit. Hollywood, à l’instar d’un restaurateur, se fait de l’argent en satisfaisant l’appétit de ses clients. Non pas avec des plats pour remplir un estomac mais avec des images pour rassasier des émotions. Comme dans un menu, on paye son entrée, sa place et son dessert.
Le 2.08.2011« C’est bien dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Mais il y a un moment où la soupe dans le pot de Pop Corn ne passe plus du tout. » (Un popcorn)